Terres agricoles, entre investissement productif et spéculatif
Aux États-Unis et en Irlande, la bulle immobilière qui a éclaté en 2008 pour se transformer en grave crise financière a laissé place à un boom agricole. En Irlande, des champs que des promoteurs immobiliers ont achetés à prix d’or au début des années 2000 à des fins spéculatives, sont aujourd’hui rachetés à rabais par des agriculteurs. Beaucoup de travailleurs irlandais anciennement employés dans le secteur de la construction se sont tournés vers l’agriculture pour échapper au chômage. Ainsi, des jeunes qui avaient quitté la ferme familiale pour travailler dans la construction ont troqué le marteau pour la faux. Le secteur agricole, une affaire de 6 milliards d’euros par an, est devenu une source vitale de fonds pour l’Irlande, dont 80% de la production est exportée.
Aux États-Unis, la valeur moyenne des terres agricoles a augmenté de près de 20% depuis 2007. La valeur des terrains à construire a suivi la tendance inverse, soit une diminution d’environ 70% depuis les sommets atteints en 2006, avant l’éclatement de la bulle immobilière. Le nord-ouest de l’Iowa est au cœur de cette montée en flèche du prix des terres agricoles, avec des prix qui atteignent 20,000$ l’acre, alors qu’ils étaient de l’ordre de 13,000$ l’acre il y a deux ans.
Alors que des citadins sont ruinés par l’effondrement de l’immobilier, certains agriculteurs se sont transformés en spéculateurs, d’où l’expression « l’or vert » que des économistes associent aux terres agricoles. La même tendance est observable, dans une moindre mesure, au Québec. Entre investissement productif à des fins agricoles et investissement spéculatif, les principes de gestion sont très différents. Les règles de financement et les risques aussi…